Cas spontané 1 : entre précision et flou
Trois voyantes interrogées séparément prédisent une même péritonite imminente — avec une…
Dans leur monumental "Phantasms of the living" de 1886, Gurney, Myers et Podmore publièrent les meilleurs cas, soit 700, qui illustraient toute la gamme des phénomènes psipsiThouless et Wiesner ont introduit en 1942 l'expression « phénomène psi » (et non « psy »), de la lettre grecque Ψ, qui se voulait un terme neutre simplement destiné à désigner le « facteur inconnu » dans les expériences de parapsychologie., depuis la vague impression jusqu'aux apparitions de personnes, c'est à dire la nette sensation de "voir" quelqu'un devant soi alors qu'il n'est pas là physiquement.
Les auteurs suggèrent que ces apparitions - qui ne sont pas seulement de personnes disparues, mais aussi de personnes vivantes - sont probablement provoquées par l'inconscient recevant une information télépathique.
Sidgwick, un autre membre de la SPRSPRLa Society for Psychical Research (SPR), fondée à Londres en 1882, est la plus ancienne organisation mondiale de recherche psychique. Elle a réuni des scientifiques et philosophes de premier plan — Henry Sidgwick, William James, Henri Bergson, Sigmund Freud — pour étudier les phénomènes psi avec rigueur. Elle publie le Journal of the Society for Psychical Research., poursuivit ce travail spécifiquement sur les apparitions. Il reçut en tout 17000 réponses, dont 2300 rapportaient une expérience d'apparitionapparitionManifestation perceptible de personnes (vivantes ou décédées), d'animaux, d'entités ou d'objets dans un lieu où ils ne se trouvent pas physiquement. Les apparitions sont parmi les expériences psi spontanées les plus fréquemment rapportées.. Mais après analyse de ces rapports, il ne retint que 1700 "vraies expériences". Il en arriva donc à estimer à 10% la portion de la population anglaise ayant vécu une vraie occurence d'apparition.
En France, une collection de cas fut entreprise par le neuro-physiologue Charles Richet, prix Nobel et directeur de l'Institut MétapsychiqueMétapsychiqueTerme historique français, proposé par Charles Richet en 1905, pour désigner l'étude scientifique des manifestations médiumniques et des facultés extra-sensorielles. L'Institut Métapsychique International tire son nom de ce terme fondateur, aujourd'hui en grande partie remplacé par « parapsychologie ». de Paris. Il en publia un grand nombre dans son "Traité de métapsychique". Camille Flammarion, astronome français réputé du début du 20ème siècle, fit aussi d'amples recherches dans les domaines du psi et rassembla une très grande collection de cas qu'il publia dans ses nombreux livres, tels "La mort et son mystère", "Après la mort".
Louisa Rhine entrepris aussi, vers les années cinquante, de collectionner des cas, puis de les analyser. Elle pu mettre à jour de nombreux aspects qui semblaient se retrouver avec régularité à travers les dif-férents cas. En une dizaine d'années, elle avait accumulé près de 7000 cas.
Il ressort de ses recherches que le rêve est l'état le plus favorable à l'émergence spontanée d'une information psi : 65% des cas de sa collection impliquaient un rêve. Dans plus de la moitié des cas (de sa première analyse de 1600 rapports), la personne sentait "dans ses tripes" que l'information reçue était juste et qu'elle se rapportait à un événement réel (présent ou futur).
Contrairement à la SPR, Louisa Rhine ne chercha pas à vérifier les cas qu'elle recevait, mais elle se focalisa plutôt sur la recherche de similarités et de patterns reconnaissables : à partir de ces patterns, des hypothèses pouvaient être formulées puis vérifiées expérimentalement.
Ces deux approches - celle axée sur la vérification (SPR), et celle axée sur la recherche de patterns (Louisa Rhine) - furent largement discutées et débattues par les parapsychologues qui prirent position pour l'une ou pour l'autre.
Récemment, le chercheur hollandais Sybo Schouten utilisa des techniques informatiques pour comparer trois grandes collections de cas: celles de la SPR, de Louisa Rhine, et enfin de Sannwald, de l'Université de Fribourg. Il analysa ainsi de nombreux facteurs. Bien que ces 3 collections impliquent 3 pays (Angleterre, USA et Allemagne), et s'étendent sur un siècle, Schouten trouva une cohérence remarquable dans les expériences relatées, et les patterns se retrouvaient d'une collection à l'autre, ce qui étayait rétrospectivement l'approche adoptée par Louisa Rhine. Cette cohérence prouvait clairement la validité des expériences psi en dehors de toute imprégnation culturelle.
Van de Castle, un chercheur spécialisé dans les rêves psi, et qui fut l'un des sujets les plus doués de la recherche du Dream Lab de Maïmonides, fit une analyse a posteriori des diverses collections de cas spontanés. Il trouva que la précognitionprécognitionConnaissance d'un événement futur qui ne peut être inférée par des moyens normaux. La précognition est l'une des formes de la perception extra-sensorielle (ESP). Elle a été étudiée expérimentalement via des protocoles où le sujet répond avant que la cible ne soit tirée au sort. advient principalement à travers un rêve (dans 60% des cas), ou encore dans l'état entre veille et sommeil (10% des cas). Il put aussi mettre en lumière que la mort est le thème de la moitié des rêves psi, et qu'il existe un lien consanguin entre percipientpercipientPersonne qui perçoit les pensées et les images transmises par télépathie, ou qui tente de percevoir une cible dans une expérience de perception extra-sensorielle. et agentagentDans les cas spontanés, la personne vivant l'événement dont le récepteur va recevoir l'information ; dans les expérimentations de télépathie, l'émetteur qui cherche à transmettre mentalement une image ou une information au percipient. dans 50% des cas, ce qui est énorme.
Van de Castle pense que des substitutions symboliques prennent parfois place dans le rêve, ce qui empêche de réaliser qu'il s'agit là d'un rêve paranormalparanormalLe champ des phénomènes susceptibles de relever de la paranormalité est plus ou moins étendu suivant l'idée même que l'on se fait de ce qui est censé être normal ou pas.. De nombreux rêves psi passeraient ainsi inaperçus!
Il souligne que "Les rêves paranormaux sont décrits comme étant spécialement vivants et intenses; ils persistent généralement de façon très particulière dans l'esprit du rêveur après le réveil."
L'étude des cas spontanés fut, d'une certaine manière, éclipsée par l'envergure que prit la recherche expérimentale. Récemment, cependant, il y a eu une résurgence d'intérêt pour les approches de terrain, non-expérimentales. Rhea White, un chercheur psi qui a introduit nombre d'idées innovatives dans ce champ de recherche, insiste sur la nécessité de revenir à l'étude de la phénoménologie du psi, c-à-d à l'observation des formes que prennent les phénomènes vécus. Le centre qu'elle a créé est parmi les plus actifs dans la recherche de cas spontanés.
Cas spontané 1 : entre précision et flou, les trois somnambules
Cas spontané 2 : un deuxième cauchemar bien réel
Cas spontané 3 : Halte aux voleurs
Cas spontané 4 : les plus grands yeux bleux du monde
Cas spontané 5 : instinct impératif
Cas spontané 6 : Culpabilité précédant l'erreur
Cas spontané 7 : A peine une semelle
Cas spontané 8 : Suis-je à New-York ou en Grèce ?
Cas spontané 9 : Don't work darling
Cas spontané 10 : Reçu 5 sur 5
Cas spontané 11 : Un taxi rien moins qu'idiot
Cas spontané 12 : Catastrophe spatiale
Trois voyantes interrogées séparément prédisent une même péritonite imminente — avec une…
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